Le GAEC DU BREUIL

En ce mois de janvier, nous nous rendons dans l’exploitation de Mr François Pingeon, le GAEC du Breuil situé à Saint Ouen du Breuil en Seine-Maritime,

 

Notre courageux couple d’éleveur fête en 2015 les 20 ans de la reprise de l’exploitation familiale (du côté d’Arnaud). Conservation d’une philosophie d’un élevage durable et solidaire, maintien d’une alimentation saine et équilibrée pour toutes les vaches du troupeau et un respect naturel pour le bien-être animal... Ce sont ces pratiques et cet état d’esprit qui nous poussent tous les mois à partir à la rencontre de celles et ceux qui continuent à travailler durement pour fournir dans vos assiettes de bons produits.

 

Nous arrivons sur place en début d’après-midi, garons la voiture et chaussons les bottes. Les épisodes de fortes pluies que nous avons vécues sur la première partie du Mois de Janvier ont laissé des traces. Mieux vaut s’équiper !
François nous accueille chaleureusement et commence à nous faire visiter l’élevage. Nous nous étions rencontré une première fois il y 2 ans lors de la couverture photo d’un ramassage de bête aux aurores. Cette fois, nous découvrons l’exploitation en plein jour et sommes assez surpris de la taille des bâtiments dans lesquels les bêtes sont abritées. Séparées par « lots », nous découvrons les vaches laitières, les jeunes veaux âgés de 3 semaines installés dans des igloos individuels, les taurillons et l’enclos réservé aux animaux en finition.

 

 

 Installé en GAEC (Groupement Agricole d'exploitation en commun) avec son épouse, Sylvie, depuis 1991, François nous donne quelques informations quant à la physionomie de son élevage. Son troupeau, d’environ 250 bêtes, est exclusivement composé de Race Normande. Enfin presque... Quelques Holstein ou croisées par ci par là, son objectif est d’atteindre un troupeau 100% Normand. Ce n’est pas la première fois qu’on nous l’explique : La Race Normande est une race docile, attachante et facile à manipuler. Une vache parfaite pour faire du lait de qualité et protéiné. Bref, une race extrêmement plaisante à élever.

 

Rentrées à l’étable depuis la mi-novembre, les bêtes seront remises à l’herbe quand la météo le permettra. Fin février dans le meilleur des cas, début Avril dans le pire. Alimentées essentiellement à base d’herbe, notre éleveur leur donne également foin, colza, pulpes de betteraves et tourteaux de lin en phase de finition. Ce dernier a pour avantage d’être une source riche en Omega 3 et de donner un joli poil soyeux.

 

Adhèrent à l’Association des Éleveurs de Race Normande de Haute-Normandie, nous travaillons avec l’exploitation depuis 4 ans environ. Le processus de sélection des animaux suit le même cheminement qu’avec les autres élevages. François nous contacte par le biais de Samuel Journée et la visite de l’élevage s’effectue dans la foulée. Nous accordons une grande importance à la conformation de l’animal, son âge, le nombre de vêlage et son alimentation afin d’obtenir le meilleur rendement musculaire possible. Plus la note qu’obtiendra la carcasse à l’abattoir sera élevée, plus la plus-value touchée par l’éleveur sera importante. C’est une notion d’excellence que François apprécie.

 

Le cahier des charges mis en place avec les éleveurs de la filière garantit de surcroît un transport des animaux la nuit ou au matin très tôt et un abattage le jour même afin de générer le moins de stress possible. Cette notion est importante à nos yeux pour garantir aux éleveurs un suivi optimal de leurs animaux pour un processus de production des plus qualitatifs. Au-delà d’une certaine approche sentimentale que peut entretenir un éleveur avec ses bêtes, n’oublions pas que les dernières étapes de la fin de vie de l’animal sont peut-être les plus importantes afin de garantir une viande de qualité.
Le respect du bien-être animal n’est pas qu’une simple ligne dans notre cahier des charges, c’est l’assurance apportée aux clients finaux d’une viande élevé et abattue dans les règles imposée par notre organisation.

 

L’actualité de l’élevage ne laisse pas non plus François indifférent. Le passage de nombreux éleveurs à la culture céréalière montre que l’élevage français s’appauvrit d’années en années. Même s’il pense à la relève et particulièrement à sa jeune fille qui travaille en alternance dans l’exploitation, il sait que l’avenir de la Race Normande est menacé. Malgré un contexte économique compliqué, François ne baisse pas les bras. Bien au contraire. Sur le mois de Janvier, nous nous sommes rendus à deux reprises dans son élevage récupérer 6 bêtes au total. La qualité des animaux est régulière, fruit d’un travail mené sur le long terme.

 
Nous discutons des projets en cours, de la possibilité pour tous de commander en ligne les viandes issues de son élevage sur la boucherie Bœuf l’Éclair.com et des liens que nous effectuons auprès des restaurateurs et des collectivités locales. Le projet Normandie Viande Héritage va bien au-delà d’un simple circuit de commercialisation. C’est toute une filière que nous valorisons au quotidien afin de permettre à tous les acteurs une rémunération au plus juste.

  

Nous nous quittons en terminant par la fameuse étape du portrait auquel François et ses bêtes participent volontiers.

 

A très bientôt pour un nouveau reportage !